Les problèmes de diffusion externe des images médicales DICOM

24/03/2019

En France, il est d'usage de fournir un exemplaire numérique complet de l'examen d'imagerie médicale réalisé.

Pour fournir une version numérique aux personnes extérieures de l'établissement, comme les patients ou les médecins prescripteurs, différents moyens techniques sont utilisés, comme les CD/DVD, les clé USB ou Internet.

Bien évidemment, pour garantir la compatibilité des données, il faut veiller à ce que les images médicales soient au format DICOM.

Mais la diffusion de données à l'extérieur, donc dans un milieu que l'on ne contrôle pas, engendre obligatoirement des problèmes dont les principaux sont décrits ci-dessous.

Les multiples configurations informatiques

Chaque utilisateur externe à l'établissement est libre d'acheter et d'utiliser le poste informatique qu'il souhaite : poste sous Windows ou Linux, un Mac, utiliser sa tablette ou son téléphone portable.

Il est très difficile de garantir que les images soient correctement visualisables sur toutes les configurations aujourd'hui disponibles sur le marché.

Chaque matériel informatique a sa capacité mémoire, sa puissance de calcul, sa surface d'affichage des images, ... et son type de système d'exploitation : Androïd, sa version de Mac OS, sa distribution Linux, ...

Le manque de mémoire vive

Il est de plus en plus fréquent d'avoir des examens d'imagerie médicale de plusieurs centaines de Mégaoctets, voir plusieurs Gigaoctets.

Si le médecin, à qui les images sont destinées, souhaite utiliser des fonctions avancées d'interprétation, comme la 3D ou la reconstruction multiplanaire, le besoin en mémoire vive augmente très vite et un ordinateur du commerce équipé de 4 Go ne suffira pas.

L'utilisation de la technologie Streaming par Internet peut être une solution à condition que le destinataire des images ait une connexion internet suffisante et que l'hébergeur des images possède la puissance de diffusion et de traitement nécessaire. Mais l'examen n'est pas physiquement présent sur le poste, il reste sur le serveur.

La lenteur d'accès

La vitesse d'accès à l'examen peut fortement varier d'un support à un autre, d'une connexion internet à une autre et d'un poste informatique à un autre.

Si le disque optique CD/DVD est rayé ou le lecteur CD/DVD est vieillissant, les temps d'accès seront encore rallongés.

Certains traitements avancés, comme la visualisation 3D, nécessitent que tout l'examen soit préalablement chargé en mémoire vive.

Mais en même temps, l'utilisateur souhaite par exemple accéder directement à l'image n°998 d'une série qui en compte 1000, sans forcément devoir attendre le chargement complet de l'examen depuis Internet ou depuis la clé USB.

Les incompatibilités du DICOMDIR

Le standard DICOM utilise un fichier appelé DICOMDIR inscrit à la racine du support. Originellement, il a été créé pour accéder plus rapidement à l'image souhaitée depuis une bande magnétique. Ce fichier est un index de toutes les images présentes sur le support et permet d'accéder directement à une image sans devoir préalablement parcourir tout le support.

Le fichier DICOMDIR est également utilisé pour les supports optiques comme les CD / DVD.

Parfois, le logiciel chargé d'afficher les images médicales ne parvient pas à interpréter ce fichier DICOMDIR ou les chemins d'accès aux images indiqués dans celui-ci sont incompatibles avec le système d'exploitation (chemin trop long, caractères spéciaux, ...).

Les fonctionnalités du viewer d'images

Pour visualiser l'examen, le destinataire qui n'a pas de logiciel compatible DICOM préinstallé sur son poste, utilisera le logiciel embarqué sur le support ou fourni par le site internet de l'établissement. Ce viewer (visionneuse d'images médicales) peut avoir des fonctionnalités limitées ou bien encore être difficile d'utilisation.

Il existe beaucoup de viewers d'images médicales DICOM sur le marché (gratuit, payant, certifié pour le diagnostique, open source, propriétaire, ...) avec plus ou moins de fonctionnalités et spécialisés (scanner, irm, échographie, ...).

La technologie avec laquelle le logiciel de visualisation a été conçu rentre aussi en ligne de compte. Par exemple, un viewer développé en Java aura probablement des difficultés à traiter des gros examens, un viewer développé sans suivre les recommandations de la réglementation a des risques d'erreurs de mesure, un viewer Web ne pourra accéder qu'aux images fournies par Internet.

Les droits d'accès

Parfois le poste de l'utilisateur est sécurisé par l' administrateur informatique et certaines ressources sont volontairement limitées (l'accès aux ports USB, à Internet, ...) mais cela empêche de visionner convenablement l'examen.

Par exemple, certains viewers d'images DICOM embarqués nécessitent un répertoire temporaire dans lequel est stocké des fichiers pour accélérer son fonctionnement alors que la création ou l'écriture de fichiers temporaires n'est pas autorisé.

Conclusion

D'après les difficultés de diffusion numérique des images médicales survolées ci-dessus, il semble inatteignable d'obtenir un taux de satisfaction d'accès aux images de 100%. Afin de contourner ces difficultés, on veillera à mettre en place des solutions de secours, comme fournir également les images au format JPEG ou au format papier.

Auteurs: Emmanuel ROECKER, Rym BOUCHAGOUR
Formations, Conseil & Développement e-Santé

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