Les difficultés du DICOM Print et du DICOM Store

15/07/2018

Tout au long de son parcours, le patient passe par des étapes au cours desquelles différents acteurs informatiques émettent des informations.

Comment rassembler ces informations sans erreurs ?

Le DICOM permet justement de standardiser les échanges entre les différents acteurs de l'imagerie médicale, toutefois pour réaliser certains processus, comme rassembler les informations, le standard DICOM n'est pas toujours parfaitement adapté, il est alors nécessaire d'assembler intelligemment plusieurs services pour obtenir le résultat attendu.

La difficulté est d'identifier de manière objective les limites et les capacités de chaque acteur, de prendre le recul nécessaire pour avoir une vision globale du processus d'un service d'imagerie médicale.

Par exemple, comment rassembler plusieurs données issues de plusieurs sources sur un même support (Papier, DVD, USB, ...) ? , ou comment imprimer sur un même livret papier les images de l'examen radiologique et son compte rendu ?

Cette problématique de fusionner de façon cohérente les informations émanant de plusieurs sources est rendue plus ardue par le comportement de certains industriels qui veulent créer une forme de dépendance en implémentant partiellement le standard DICOM, en facturant les connexions ou en compliquant les paramétrages nécessitant ainsi l'intervention d'un technicien de la société.

Dans cet article nous allons aborder le cas des deux services DICOM les plus couramment utilisés :

  • le DICOM Print pour le plus souvent imprimer sur film ou sur papier
  • le DICOM Store pour généralement archiver les images sur un serveur

DICOM Print

Utilisé pour l'impression sur reprographe ou sur papier, le service DICOM Print permet de réaliser un résumé de l'examen sous le format d'une planche papier ou d'un film sur lesquels sont imprimées plusieurs images avec le format souhaité : 2 par 2, 6 par 4, etc. Ce résumé est remis au patient avec le compte rendu associé. Le reprographe ou l'imprimante est un périphérique partagé sur lequel plusieurs sources peuvent imprimer des examens de patients différents. Une configuration correcte du serveur d'impression et des clients sources est essentielle afin d'éviter des mélanges d'examens et de simplifier le travail des secrétaires médicales.

En effet, si la station source est mal paramétrée ou mal conçue, elle indiquera à l'imprimante que chaque page est indépendante, ce qui est problématique dans le cas où l'on souhaite imprimer automatiquement un livret papier contenant les images, le compte rendu et les informations du patient sur la page de garde.

D'une manière incompréhensible et difficilement explicable à un client radiologue, par défaut le DICOM Print ne renseigne pas les informations patient (nom, prénom, date de naissance, ...) sous forme numérique, ce qui oblige certains industriels à recourir à la reconnaissance de caractères (OCR) pour extraire le nom du patient et pouvoir l'imprimer sur la page de garde du livret papier.

Cette problématique a été partiellement résolue par certains constructeurs en permettant au manipulateur radio de générer une capture d'écran de sa mise en page et de l'envoyer par DICOM Store, ce qui permet non seulement d'archiver les images clés avec la mise en page souhaitée dans le PACS, mais également de rassembler plus facilement les informations d'un même patient afin par exemple d'imprimer un livret patient.

Le défaut de cette méthode est que la résolution de la planche est fixée par la station source, ce qui nécessite de la configurer selon les capacités de l'imprimante connectée afin d'obtenir une qualité d'image optimale, tout en sachant que l'imprimante calcule en pouce alors que la station source calcule en pixel.

En résumé, le processus d'impression en imagerie médicale n'est pas aussi simple qu'on aurait pu le penser comparé à l'impression d'infographies ou de documents bureautiques.

DICOM Store

Le DICOM Store permet d'envoyer des images radiologiques à un destinataire comme une autre station, un serveur ou un robot graveur de CD/DVD. Ces images peuvent être par exemple utilisées pour suivre l'évolution ou réaliser un traitement d'images complémentaire.

Une difficulté est de déterminer quand est-ce que tout l'examen a été communiqué afin de lancer automatiquement des tâches comme la transmission par VPN ou la gravure. En effet, un examen radiologique est réalisé à partir de plusieurs stations qui génèrent chacune des images à des instants différents, par exemple, la station du manipulateur radio envoie des images natives ou un premier traitement et la station du radiologue génère également des images reconstruites créés pour réaliser le diagnostic.

Une solution de contournement est de considérer que l'examen est terminé lorsque le destinataire ne reçoit plus d'images de ce patient pendant un certain laps de temps (timeout), évidemment cela pose d'autres soucis et finalement le service d'imagerie médicale décide souvent d'envoyer tout l'examen manuellement lorsqu'il l'estime terminé.

Une autre solution utilisée est d'envoyer une image clé pour signaler la fin de l'examen au destinataire.

Il existe d'autres services DICOM qui peuvent permettre de détecter la fin de l'examen, c'est notamment le rôle du DICOM MPPS pour Modality Performed Procedure Step qui permet de déterminer l'état de l'examen (en attente, en cours, terminé, ...)

Le RIS peut également informer que l'examen est terminé à validation du compte rendu en utilisant le standard HL7.

Une autre difficulté est l'affichage ou la mise en page du résultat de l'examen à l'écran du prescripteur tel que le radiologue le souhaite (fenêtrage, disposition des images, couleurs, les mesures, ...). Une solution, tout en utilisant le DICOM Store, est de réaliser une capture d'écran et la transformer en une image classique dans une nouvelle série comme partie intégrante de l'examen, sinon le DICOM Print semble plus adapté dans ce cas là mais avec d'autres inconvénients (voir ci-dessus).

Conclusion

Réaliser un flux d'information des examens comme le service radiologique le souhaite n'est pas toujours évident.

Les solutions doivent être adaptées aux modes de fonctionnement des personnes et des capacités techniques actuellement en place.

Auteurs: Emmanuel ROECKER, Rym BOUCHAGOUR
Formations, Conseil & Développement e-Santé

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