Diagnostiquer un problème de communication DICOM

19/06/2018

Dans un contexte où il y a des plus en plus d'acteurs informatiques et de changements, il n'est pas toujours évident de déterminer pourquoi deux appareils DICOM (une console, une modalité, un serveur, ...) ne peuvent communiquer correctement entre eux.

La première difficulté est d'identifier la source des problèmes d'envois et de réceptions ou de lenteur des échanges d'images radiologiques.

Est-ce un conflit réseau ? est-ce une incompatibilité de version de logiciel ? est-ce une avarie matérielle ?

L'enquête consiste à isoler la machine responsable puis à déterminer pour cette machine la nature du dysfonctionnement : matériel ou logiciel.

Envois / réceptions

Les erreurs d'envois ou de réceptions d'images DICOM peuvent avoir différentes origines dont les principales sont listées ci-dessous.

Connectivité

Il n'est pas rare d'avoir des coupures sauvages de courants ou des déménagements, il faut vérifier en premier lieu que le matériel est bien alimenté et que tous les câbles sont bien branchés.

La mise en veille de l'appareil peut également être mal configurée, il faut dans ce cas désactiver ou augmenter le délai d'inactivité avant sa mise en veille.

Il est possible que la machine soit bloquée au démarrage, il faut donc vérifier que l'interface utilisateur est accessible.

Configuration réseau

Il est fréquent de se faire "voler" son adresse IP du fait de nouveaux dispositifs installés ou des déménagements, il faut donc vérifier qu'il n'y a pas de conflit réseau.

Pour vérifier que la machine est bien accessible à la bonne adresse IP, la commande ping [ip_machine] peut être utilisée.

Le test de relier directement les machines par un câble réseau croisé permet de vérifier qu'il s'agit d'un problème réseau.

Configuration du pare-feu et de l'antivirus

La configuration de la machine peut être correcte mais le pare-feu ou les logiciels de protection peuvent bloquer par défaut l'exécution de certains programmes.

Il faut donc vérifier que les ports DICOM et les services associés sont autorisés à communiquer à travers le pare-feu, par exemple un outil comme nmap permet de scanner les ports et de vérifier qu'ils sont bien ouverts.

Configuration logicielle

Chaque logiciel a sa propre configuration et une machine peut avoir plusieurs adresses IP et plusieurs AETITLE, il faut bien veiller à ce que les paramètres configurés (IP, AEtitle, numéro de port) pour les différentes communications DICOM (store, query and retrieve, print, ...) soient corrects.

La commande echoscu permet par exemple de tester que la machine est bien sur le réseau et qu'elle est compatible DICOM.

Base de données corrompue

Du fait des coupures sauvages ou de débranchements accidentels, la base de données peut être amenée à se corrompre, il est alors nécessaire de la réparer et de l'optimiser en veillant d'abord à arrêter les transferts en cours et les services de communication de la machine.

File d'attente bloquée ou disque plein

Les services peuvent être bien lancés mais un processus peut rester bloqué engendrant une file d'attente et "boucher" le trafic. La cause peut être simplement un disque dur plein.

Virus et Malwares

L'utilisation intempestive des clés USB externes véhicule des programmes malveillants entrainant différentes perturbations aléatoires dans le fonctionnement de la machine. Dès lors il est fondamental de procéder à l'analyse complète de la machine et de supprimer les éléments dangereux.

Fichiers d'historique

Une étude des logs permet d'investiguer plus profondément pour identifier la cause du problème et mettre en place une solution temporaire ou définitive.

Lenteur des transferts

Dans la plupart des cas, une fois le matériel mis en place et correctement configuré, il subsiste des problèmes de lenteur gênants ou aléatoires qui perturbent le bon fonctionnement de tout le cycle du diagnostic patient (stockage, rapatriement, impression, ...).

Toutes les vérifications précédentes (connectivité, réseau, base de données, disque dur, présence de programmes malveillants) sont à entreprendre.

Le benchmark et les tests de mise en réseau directe permettent d'affiner l'identification de la source de ces lenteurs.

Le remplacement ou SWAP

Le dernier recours aux problèmes cités précédemment est le SWAP de machine, celui-ci consiste à remplacer une machine par une autre avec les mêmes configuration.

Ce procédé de SWAP devrait être utilisé avec modération, en effet le problème risque de revenir.

Il est surtout utilisé, car moins coûteux s'il est bien préparé, pour les mises à jour complexes afin d'éviter de bloquer le fonctionnement.

Une fois remplacé, il ne restera qu'à effectuer les tests de validation sur site.

Bonnes pratiques

Les problèmes de communications et de transfert d'images peuvent être évités. Pour cela, il est indispensable de s'équiper d'outils adaptés et de mettre en place des actions préventives.

Ci-dessous une liste non exhaustive des actions préventives à appliquer:

  • s'informer auprès des acteurs concernés des différents changements ayant eu lieu

  • nettoyer le matériel à chaque intervention physique

  • mettre en place des onduleurs et les configurer correctement

  • mettre en place la planification de processus automatique de :
    • suppression de fichiers obsolètes
    • nettoyage / défragmentation des disques durs
    • réparation / nettoyage / optimisation des bases de données
    • analyse / scan et protection contre les programmes malveillants
    • mises à jour régulières des logiciels
  • sauvegarder les anciennes configurations avant toute modification

  • noter et sauvegarder les nouvelles configurations

  • avancer sur la mise en place de la télémaintenance

  • enfin le plus important : rester transparent et remplir une fiche d'intervention précise (date/heure de l'intervention, nom des intervenants / responsables, actions menées, ...)

Auteurs: Rym BOUCHAGOUR, Emmanuel ROECKER
Formations, Conseil & Développement e-Santé

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